Revue littéraire- La voix de la mémoire
- paris8enlettres
- Mar 29, 2020
- 2 min read
Updated: Mar 30, 2020
Aujourd’hui, Majo pose son regard sur le roman Manèges, Petite histoire argentine de Laura Alcoba
Comment raconter l'enfance depuis la clandestinité?
Ce roman, Manèges est l'histoire de l'enfance de l'auteure, qui s’est déroulée en Argentine pendant la dernière dictature militaire du pays (entre 1976 et 1983).
Le récit commence un peu avant le coup d’État mais les persécutions politiques avaient déjà lieu.
La petite fille qui est en même temps la narratrice et ses parents, militants Montoneros qui doivent mener une vie dans la clandestinité, raconte à hauteur d'enfant sa vision de cette histoire violente, les déménagements intempestifs, le changement d'école, la peur de prononcer son nom, la peur d'être découverte.

Son père est finalement fait prisonnier et la narratrice déménage avec sa mère dans une maison dont il y aura une pièce secrète pour garder une imprimerie du Montoneros. Pour cacher cette pièce, il va falloir créer un terrier de lapins pour que l'imprimerie passe inaperçue.
Le temps passe avec la pesanteur de l'incertitude et la petite grandit avec sa mère et Diana Teruggi, une amie également militante qui était enceinte à cette époque là.
La narratrice va apprendre de nouvelles choses comme de faire des emballages cadeaux pour cacher les journaux de Montoneros, elle aura connaissance également d’informations importantes car elle prendra l'habitude d'écouter des discussions politiques chez elle. Sa vie s'écoule entre l'école, les réunions polit
iques dans la maison-imprimerie et la peur qui est latente tout au long du récit.
Dépouillée de son innocence, elle grandit dans l'horreur sans qu'il lui soit possible de l'exprimer. Vivre dans la peur et être obligée de la réprimée sont autant de sentiments auxquels nous pouvons nous identifier.
L'histoire prend un tournant inattendu quand l'imprimerie est attaquée par les militaires à cause de la trahison de la personne qui avait construit la maison des lapins elle-même.
Diana a été assassinée en novembre 1976. Sa fille, Clara Anahí, est toujours portée disparue. Son père, a été aussi assassiné quelques mois plus tard. Les deux étaient Montoneros 1. Sa grand-mère, Chicha Mariani, fondatrice de Madres y Abuelas de Plaza de Mayo 2, l'a cherché jusqu'au dernier jour de sa vie.
La petite fille de la narratrice et sa mère ont réussi à s'échapper et elles se sont installées en France.
Après 44 ans, en Argentine la recherche de la mémoire, de la vérité et de la justice continue.
Clara Anahí et les autres 500 bébés privés de leur identités, nous les cherchons toujours. En Argentine et dans le monde entier.
Dans le cadre d’une recherche sur internet, de premières informations apparaissent, qu’il est important de nuancer...
Majo
Montoneros était une organisation politique armée péroniste qui pratiqua la lutte armée pendant la décennie des années ‘70.
Les Mères de la Place de Mai est une association crée par des mères et grands-mères en Argentine dont les enfants et les petits-enfants ont « disparu » pendant la dernière dictature civico-militaire qui a laissé un bilan de trente mille morts.
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